414,000 VNĐ
Si j'y suis
Détails sur le produit: » Prix: 414,000 VNĐ » Barecode: 9782823601046 » Auteur: Erwan Desplanques » Éditeur: Olivier édition de l' » L'année d'édition: 10 janvier 2013 » Langue: Français » Dimension: 18,4 x 13 x 1,2 cm » Nombre de page: 104 » Poids: 0,118 kgDescriptions du produit
Extrait
Il était certain que j'avais acquis un rythme. Une allure fluide qui me faisait progresser le long de cette digue dont les pans étaient recouverts de graffitis, de simples paraphes, sans revendication, exprimant une sorte de satisfecit général, comme dans les livres d'or. Au loin, la mer se donnait en spectacle, avec ses plis indolents, ses brisures. Le ciel ne semblait pas peser lourd. Je n'avais pas d'idées sur la suite des événements. Tout juste quelques intuitions dont je soupesai la portée avec calme. Jusqu'au ponton, me dis-je. Et, discipliné, je marchai jusqu'au ponton. Marion finirait bien par me retrouver, par reconnaître mon pas, ma silhouette. Je savais à quel point il était capital de la revoir après toutes ces années, loin de ma mère dont l'épreuve me dévastait ; en y repensant, je l'entendis ce mot, dévasté - oui, j'étais dévasté - et je me promenais le long de la plage avec cet adjectif que je traînais comme une valise de plomb.
Mais cela se dénoue, songeai-je, portant les yeux sur ma véritable valise, cette fois, dont j'essayai de visualiser le contenu, opérant mentalement un tri rapide entre les choses plus ou moins essentielles qu'elle comportait, entre ces vêtements courts, adaptés à la chaleur, que je ne regrettais pas d'avoir emportés, et la grande photo encadrée dont je ne me séparais plus, ce portrait de ma mère que j'avais imaginé accomplir d'étranges va-et-vient entre mes diverses tenues.
Cette plage des Landes n'avait pas pris le temps de changer, fidèle à ses longues façades qui étaient repeintes chaque année, à la fin de l'hiver. Je reconnus le petit club de plage à côté duquel nous avions coutume de nous installer, Marion et moi. La guérite était toujours là. Seul le toboggan avait disparu. J'observai la mer et songeai au manque que la plupart des gens venaient combler ici, chaque année, à la même saison, en pratiquant des activités nouvelles, en contemplant les vagues, eux aussi, jusqu'à l'étourdissement. Et c'est en guettant cette ligne d'horizon que j'entendis la voix dans mon dos. Je suis là, Jacques.
Nous prîmes acte du changement, celui de mon visage surtout, dont j'avais examiné en détail les faiblesses dans les toilettes du train, tandis que le sien n'avait manifestement pas bougé, toujours aussi menu, les cheveux bien peignés, le regard à la fois mutin et triste, d'un bleu que le soleil avait rendu opalin. Ma voiture n'est pas loin, dit Marion en désignant une Volvo grise, peu féminine, garée en double file. Elle marchait devant, d'un pas sûr, tandis que j'observais autour de moi les motifs qui ornaient les façades.
Revue de presse
Certains font leurs premiers pas romanesques en faisant sonner clairons et trompettes. À coups de klaxon, ils impressionnent le chaland. Le pavé de 500 ou 1 000 pages en impose. D'autres signent leur entrée en littérature mezza voce, avec modestie et élégance. Cette seconde manière n'est pas pour nous déplaire. Ainsi, Erwan Desplanques fait entendre dans la centaine de pages de Si j'y suis une mélodie claire et sans esbroufe. (Christian Authier - Le Figaro du 10 janvier 2013)
Les premiers romans sont des îles au trésor. On les aborde chargé de rêves et d'attentes. Il arrive que l'on s'enlise dans des jungles trop touffues ou que l'on découvre des merveilles inattendues. Nulle carte n'est fiable pour identifier celui qui, dans cet archipel de papier, annonce la naissance d'un véritable écrivain. Mais il est un indice infaillible : le style. Dès les premières pages de Si j'y suis, on sait que l'on tient un écrivain. A quoi, demanderez-vous ? Au ton. Ici, pas de fioritures, pas un mot de trop. Une épure comme écrin à la douleur et au manque...
Si j'y suis raconte l'histoire d'un homme qui glisse et ne s'en aperçoit pas. C'est un beau livre sur la solitude et la fragilité des êtres. C'est aussi un magnifique roman des sensations. (François Busnel - L'Express, janvier 2013)








