690,000 VNĐ
Les adieux à Carola
Détails sur le produit: » Prix: 690,000 VNĐ » Barecode: 9782714452139 » Auteur: Martial Debriffe » Éditeur: Belfond » L'année d'édition: 4 octobre 2012 » Langue: Français » Dimension: 23,8 x 15,4 x 3,2 cm » Nombre de page: 379 » Poids:Descriptions du produit
Extrait
À vingt-cinq kilomètres de Strasbourg, à la limite des Vosges, se
dresse une habitation qui a toute l'élégance de la gentilhommière du
XVIIIe siècle. Les murs en grès rose, les fenêtres à petits carreaux et
le toit couvert de tuiles rouges délavées par les hivers rigoureux de la
région se fondent avec harmonie dans une masse de verdure.
L'agrément de La Houblonnière vient de sa situation au bord du hameau de La Tirelire, près de l'une des plus belles forêts d'Alsace. Devant la demeure passe le Sathbach, dont l'eau vive n'est ni un torrent provenant des pentes escarpées ni un grand fleuve. Le Sathbach est, dans ce parc aux arbres centenaires, un reflet de la vie qui coule sans se soucier de ceux dont l'existence est liée au paysage...
Elle est agréable, cette première journée de neige à La Houblonnière. Comme dans un verger féerique, les flocons papillonnent avant de se poser. La haie porte un col d'hermine, le grillage devient dentelle, et un tapis de givre recouvre le perron. Pas un bruit. La fenêtre de la salle à manger laisse filtrer une lumière jaune conférant des allures d'aurore au jardin cotonneux.
Ayant exigé d'organiser elle-même le mariage de sa fille Sarah et de son futur gendre Samuel Bilderberg, Rebecca Finkelstein a décidé que le badeken se déroulerait à La Houblonnière. La plupart des dignitaires religieux locaux - dont le rabbin Debré de Westhoffen, quartier surnommé la Petite Jérusalem -ainsi que des cousins éloignés entourent la maîtresse de maison, qui trône parmi ses invités auprès de l'arrogant et cynique Maurice Shulmann. C'est l'investisseur et ami de Rebecca, l'homme qui lui avait conseillé jadis de prêter aux Singer, ex-propriétaires du domaine au bord de la faillite, l'équivalent d'une hypothèque. Un an plus tard, la créancière avait pu saisir le bien sans aucune difficulté. Depuis, La Houblonnière vit au rythme des fêtes juives. C'est pourquoi le mariage de Sarah et Samuel ne pouvait avoir d'autre décor que ce hameau de La Tirelire.
Promu maître de cérémonie, Shulmann part à la recherche de Samuel pour l'amener vers sa promise restée avec Rebecca. Sarah porte une robe fade qui accentue la pâleur de son visage. Face à son futur mari, elle lève furtivement les yeux. Samuel place le voile sur le visage de la jeune fille, symbolisant ainsi la pudeur. Pour l'occasion, il a revêtu son costume le plus seyant, s'est frictionné les cheveux avec une lotion à base d'eau de Cologne. Il lui semble que sa fiancée s'est absentée d'elle-même. Elle n'est plus qu'une ombre apeurée et muette, que le fantôme de Sarah. Tout le monde se tait. Ce silence n'est pas celui de la sympathie dont bénéficient ordinairement les jeunes couples juifs s'apprêtant à s'unir, mais celui de la consternation. Devenu le point de mire de l'assemblée des Finkelstein, Samuel a une sensation désagréable. En épousant Sarah, il a accepté la cohabitation avec Rebecca et sa soeur Myriam dans leur maison de Strasbourg située rue du Conseil-des-XV, à côté des deux commerces de la belle-famille. En contrepartie, Samuel sera nommé gérant de la fabrique de bougies Finkelstein qui souffre depuis peu de la concurrence des établissements Metz, depuis que ceux-ci ont transféré et agrandi leur atelier de la rue des Orfèvres vers la rue des Sangliers. Sa femme, elle, travaillera à la librairie familiale. Par ailleurs, le couple deviendra propriétaire de La Houblonnière, sans en posséder l'usufruit. Grâce à ce mariage, il est évident que le jeune homme élève sa situation.
L'agrément de La Houblonnière vient de sa situation au bord du hameau de La Tirelire, près de l'une des plus belles forêts d'Alsace. Devant la demeure passe le Sathbach, dont l'eau vive n'est ni un torrent provenant des pentes escarpées ni un grand fleuve. Le Sathbach est, dans ce parc aux arbres centenaires, un reflet de la vie qui coule sans se soucier de ceux dont l'existence est liée au paysage...
Elle est agréable, cette première journée de neige à La Houblonnière. Comme dans un verger féerique, les flocons papillonnent avant de se poser. La haie porte un col d'hermine, le grillage devient dentelle, et un tapis de givre recouvre le perron. Pas un bruit. La fenêtre de la salle à manger laisse filtrer une lumière jaune conférant des allures d'aurore au jardin cotonneux.
Ayant exigé d'organiser elle-même le mariage de sa fille Sarah et de son futur gendre Samuel Bilderberg, Rebecca Finkelstein a décidé que le badeken se déroulerait à La Houblonnière. La plupart des dignitaires religieux locaux - dont le rabbin Debré de Westhoffen, quartier surnommé la Petite Jérusalem -ainsi que des cousins éloignés entourent la maîtresse de maison, qui trône parmi ses invités auprès de l'arrogant et cynique Maurice Shulmann. C'est l'investisseur et ami de Rebecca, l'homme qui lui avait conseillé jadis de prêter aux Singer, ex-propriétaires du domaine au bord de la faillite, l'équivalent d'une hypothèque. Un an plus tard, la créancière avait pu saisir le bien sans aucune difficulté. Depuis, La Houblonnière vit au rythme des fêtes juives. C'est pourquoi le mariage de Sarah et Samuel ne pouvait avoir d'autre décor que ce hameau de La Tirelire.
Promu maître de cérémonie, Shulmann part à la recherche de Samuel pour l'amener vers sa promise restée avec Rebecca. Sarah porte une robe fade qui accentue la pâleur de son visage. Face à son futur mari, elle lève furtivement les yeux. Samuel place le voile sur le visage de la jeune fille, symbolisant ainsi la pudeur. Pour l'occasion, il a revêtu son costume le plus seyant, s'est frictionné les cheveux avec une lotion à base d'eau de Cologne. Il lui semble que sa fiancée s'est absentée d'elle-même. Elle n'est plus qu'une ombre apeurée et muette, que le fantôme de Sarah. Tout le monde se tait. Ce silence n'est pas celui de la sympathie dont bénéficient ordinairement les jeunes couples juifs s'apprêtant à s'unir, mais celui de la consternation. Devenu le point de mire de l'assemblée des Finkelstein, Samuel a une sensation désagréable. En épousant Sarah, il a accepté la cohabitation avec Rebecca et sa soeur Myriam dans leur maison de Strasbourg située rue du Conseil-des-XV, à côté des deux commerces de la belle-famille. En contrepartie, Samuel sera nommé gérant de la fabrique de bougies Finkelstein qui souffre depuis peu de la concurrence des établissements Metz, depuis que ceux-ci ont transféré et agrandi leur atelier de la rue des Orfèvres vers la rue des Sangliers. Sa femme, elle, travaillera à la librairie familiale. Par ailleurs, le couple deviendra propriétaire de La Houblonnière, sans en posséder l'usufruit. Grâce à ce mariage, il est évident que le jeune homme élève sa situation.
Un mot de l'auteur
Chers tous,
Dans les adieux à Carola, j'ai voulu allier la Saga à l'Histoire, le suspense à l'aventure. Vous traverserez les époques avec les protagonistes du roman tout comme je me suis laissé embarquer avec eux dans une entreprise de longue haleine. Engagés dans des intrigues entrecroisées, les personnages sont plongés dans les évènements historiques tels que l'Incendie de Strasbourg en 1870, la première guerre mondiale ou encore la montée du nazisme à Munich en 1933. Dans les adieux à Carola, je fais voyager le lecteur de Strasbourg à Hambourg, de Hambourg à New York à travers des paysages d'antan, si étrangers et si pittoresques à la fois.
Est-ce le caractère ardent de Carola, au centre de l'intrigue, qui l'empêche de trouver la félicitée ? Aux orages de la vie privée répondent les orages plus amples et plus angoissants de l'Histoire. A travers ces épreuves, Carola s'efforce de vivre chaque minute avec intensité, même si la crainte de l'avenir lui gâche le plaisir du présent. Au moment où elle se croit perdue, un homme lui rend confiance en elle-même et dans l'avenir. Un homme qui vient de loin et dont elle n'aurait jamais dû croiser la route. Le passé, enseveli depuis des décennies, refait surface...
Une jonction imprévue s'opère entre les trois parties du livre. J'avoue que l'instant de cette fusion a été très émouvante pour moi. Imaginez deux équipes, qui travaillent, chacune de son côté, aux extrémités d'un tunnel et creusent la terre pour se rapprocher. La paroi qui les sépare se rétrécit à chaque coup de pioche. Puis le dernier morceau s'écroule et un même air circule d'un bout à l'autre de l'ouvrage.
Je déteste m'ennuyer à la lecture d'un roman. Croyez que j'ai tout fait pour vous emmener avec moi dans mes rêves. Laissez-vous happer à votre tour... Et bonne lecture à tous.
Martial Debriffe
Dans les adieux à Carola, j'ai voulu allier la Saga à l'Histoire, le suspense à l'aventure. Vous traverserez les époques avec les protagonistes du roman tout comme je me suis laissé embarquer avec eux dans une entreprise de longue haleine. Engagés dans des intrigues entrecroisées, les personnages sont plongés dans les évènements historiques tels que l'Incendie de Strasbourg en 1870, la première guerre mondiale ou encore la montée du nazisme à Munich en 1933. Dans les adieux à Carola, je fais voyager le lecteur de Strasbourg à Hambourg, de Hambourg à New York à travers des paysages d'antan, si étrangers et si pittoresques à la fois.
Est-ce le caractère ardent de Carola, au centre de l'intrigue, qui l'empêche de trouver la félicitée ? Aux orages de la vie privée répondent les orages plus amples et plus angoissants de l'Histoire. A travers ces épreuves, Carola s'efforce de vivre chaque minute avec intensité, même si la crainte de l'avenir lui gâche le plaisir du présent. Au moment où elle se croit perdue, un homme lui rend confiance en elle-même et dans l'avenir. Un homme qui vient de loin et dont elle n'aurait jamais dû croiser la route. Le passé, enseveli depuis des décennies, refait surface...
Une jonction imprévue s'opère entre les trois parties du livre. J'avoue que l'instant de cette fusion a été très émouvante pour moi. Imaginez deux équipes, qui travaillent, chacune de son côté, aux extrémités d'un tunnel et creusent la terre pour se rapprocher. La paroi qui les sépare se rétrécit à chaque coup de pioche. Puis le dernier morceau s'écroule et un même air circule d'un bout à l'autre de l'ouvrage.
Je déteste m'ennuyer à la lecture d'un roman. Croyez que j'ai tout fait pour vous emmener avec moi dans mes rêves. Laissez-vous happer à votre tour... Et bonne lecture à tous.
Martial Debriffe








