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Brèves saisons au paradis: roman
Détails sur le produit: » Prix: 627,000 VNĐ » Barecode: 9782246788690 » Auteur: Claude Arnaud » Éditeur: Grasset » L'année d'édition: (29 août 2012) » Langue: » Dimension: » Nombre de page: 336 » Poids:Descriptions du produit
Descriptions du produit
Extrait
L'agora de la rue de Verneuil
Tu longes en silence la Seine, à l'abri d'une haie de peupliers, en vue du pont Royal. Rien ne bouge, en cette fin d'été indien, les feuilles elles-mêmes ne frémissent qu'à peine, les berges ont l'impassibilité des photos anciennes : la terre s'offre une pause bien méritée, entre deux rotations.
Arrêté par les tresses lascives d'un saule, dont le ballet t'émeut comme si c'était ton corps que le fleuve faisait danser, tu empruntes un escalier de pierre pour déboucher sur les quais déserts, à hauteur des dernières boîtes de bouquinistes.
Par quel miracle les feux restent-ils obstinément verts ?
Tu ne reconnais pas même les immeubles qui bordent la chaussée, si familiers pourtant...
Un Paris de rêve, pris dans un ambre invisible.
Tu empruntes l'artère qui desservait autrefois le bac, bifurques dans une rue perpendiculaire pour la remonter jusqu'au numéro 46, traverses une cour fermée par des boxes couverts de scies et grimpes jusqu'au quatrième étage sans effort, comme si le vent soulevait tes semelles et que des ailes te portaient.
La porte que tu pousses donne sur un salon noir de monde dont les murs tendus de lin sont creusés de niches abritant des bustes.
Qui peuvent bien être ces gens qui parlent ta langue mais usent d'une autre grammaire, comme si elle avait été génétiquement modifiée ? Tu as beau te retrouver «chez toi», tu peines à reconnaître ces figurants.
Tu pousses la porte de la chambre et t'inquiètes de découvrir, près du visage aimé, des traits rappelant les tiens mais où rien ne raccorde puis, en tirant sur les draps, un corps long et nerveux...
Quel est cet alien dont tu réintègres insensiblement le souffle, avec le soulagement du somnambule retrouvant consistance ?
T'éveillerais-tu d'un rêve fait par un autre ?
Un raclement de gorge te rassure : c'est bien Jacques qui repose sous la couverture en fausse fourrure, et c'est bien toi qui t'approches de lui en roulant sur le flanc.
Ton ventre adopte le contour de ses reins, tes bras et tes chevilles se mêlent aux siens, comme les branches d'un caducée. Tu poses délicatement l'oreille contre son dos jusqu'à percevoir les battements de son coeur, dont l'écho amplifie les tiens. Attiré par la chaleur de ce corps assoupi, tu fourres ton museau entre les aisselles et t'enivres de ce parfum naturel.
Revue de presse
Dans Brèves saisons au paradis, Claude Arnaud dépeint le passage de l'utopie des années 1970 à la superficialité des années 1980, à travers le déclin d'un trio amoureux masculin...
"Peut-être devrais-je admettre que la vie ne sera plus jamais aussi intense et désirable qu'à mes débuts", constate Claude Arnaud, dans les toutes dernières pages de Brèves saisons au paradis. Avec pudeur et délicatesse, ce spécialiste de Chamfort et de Cocteau fait renaître les derniers feux d'une société en pleine mutation, dont les anciens membres flamboyants seraient condamnés à être mis sur la touche. Et à n'être que les brontosaures de l'ère précédente. (Baptiste Liger - Lire, septembre 2012 )
Un processus d'émancipation, de découverte et d'invention de soi donne son mouvement général au récit, qui s'attarde avec beaucoup d'acuité, de justesse, de sensualité aussi, sur des visages, des rencontres, des affections brèves ou durables. Qui réfléchit sur les temps traversés, qui sont bien davantage que de simples décors : l'«étrange décennie» des années 1970, utopique, violente, exaltée, puis l'avènement dans les années 1980 d'une nouvelle ère obsédée de consommation, d'image et de réussite. La nostalgie, pourtant, n'est vraiment pas le ton de Claude Arnaud, sa mélancolie même est tenue, infiniment retenue. (Nathalie Crom - Télérama du 14 novembre 2012 )
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