277,000 VNĐ
La voyageuse de nuit
Détails sur le produit: » Prix: 277,000 VNĐ » Barecode: 9782070358137 » Auteur: Françoise Chandernagor » Éditeur: Folio » L'année d'édition: (12 juin 2008) » Langue: » Dimension: » Nombre de page: » Poids:Descriptions du produit
Descriptions du produit
Extrait
Elle a fermé les yeux plusieurs mois avant sa mort. Même le personnel de Louis-Pasteur s'en est étonné quand, avant-hier, elle y est entrée en soins palliatifs : «Madame, s'il vous plaît, ouvrez les yeux ! Pourquoi fait-elle ça ?» Nous ne savons pas. L'épuisement ? Il paraît que non : avec un grand malade, la communication passe par le regard.
Première explication : celle que notre père a reçue d'elle, comme une gifle. Il la conduisait aux toilettes. À l'époque, pour l'emmener de son lit - médicalisé - jusqu'au siège - adapté -, il fallait déjà deux personnes : l'une, devant, marchait à reculons, les bras de la malade posés sur ses épaules ; l'autre, placée derrière, soutenait le corps à la verticale. Maman ne tenait plus debout. Au sens propre. Quand on la levait, elle gardait, tout enraidie, la première inclinaison qu'on lui avait donnée; son dos, ses jambes, pouvaient former un angle aigu avec le parquet; par petites poussées, nous l'aidions à «ouvrir» l'angle. Un jour donc, comme Papa la guidait à reculons dans l'étroit corridor tandis que ma soeur Sonia, privée de visibilité, la poussait par-derrière, leur attelage se mit à tanguer; Papa, excédé, finit par lâcher : «Bon dieu, Olga, si tu ouvrais les yeux, ça nous aiderait ! Regarde-moi.» La réplique fusa, criée tout bas : «Je t'ai assez vu comme ça !»
Nous avait-elle tous «assez vus comme ça» ? Même ses filles ? Elle nous punit : «Disparaissez !» --Ce texte fait référence à l'édition Broché .
Revue de presse
Sur ce canevas à la Tchekhov ou à la Garcia Lorca s'ébauche cette subtile chronique familiale où se mêlent choses vues, entendues, vécues...
Françoise Chandernagor l'affirme : elle ne pourra jamais «faire du Christine Angot ou du Colette», c'est-à-dire une littérature d'introspection. Malgré les nombreux clins d'oeil dispersés au fil du récit, nous conviendrons que cet ingénieux roman sur les relations mère-fille et entre soeurs est avant tout une oeuvre de fiction. Beaucoup plus gaie et riante qu'il n'y paraît. Et tout aussi universelle qu'elle le promet. (Marianne Payot - L'Express du 1er mars 2007 )
Avec l'académicienne Goncourt, on prend son temps, on enroule les rubans, on bâtit des phrases solides comme des charpentes, on s'ennuie un peu - mais ce parfum d'encaustique n'est pas désagréable. Et pour dire la jalousie, les rancoeurs ou la haine-amour, qui couve dans le coeur des filles devenues «mère de leur mère», rien ne vaut le brouet des narrations à l'ancienne. Des premières règles aux avortements, des attouchements de l'adolescence à l'homosexualité ou aux doubles vies, c'est un manège intime qui tourne et tourne devant nous. Les femmes s'y reconnaîtront. Et les hommes - qui traversent ce gynécée en n'y laissant pas plus de traces qu'un oiseau dans le ciel - compléteront sérieusement leur éducation. (Jean-Paul Enthoven - Le Point du 15 mars 2007 ) --Ce texte fait référence à l'édition Broché .
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