594,000 VNĐ
Libre, seul et assoupi
Détails sur le produit: » Prix: 594,000 VNĐ » Barecode: 9782846262514 » Auteur: Romain Monnery » Éditeur: Au Diable Vauvert » L'année d'édition: 19 août 2010 » Langue: » Dimension: » Nombre de page: 289 » Poids:Descriptions du produit
Contrairement à toutes les prophéties lues ici et là, la fin du monde n'avait pas eu lieu. Mes études terminées, j'avais survécu à cette dépression postorgasmique qui guette à peu près tous les étudiants lorsque sonne la fin de leur cursus. Comment ? Je n'avais rien fait. Sans but, sans cadre et sans horaires, je m'étais laissé vivre. C'est tout.
Quelques livres, un peu d'ennui, beaucoup de musique, j'avais façonné mes jours de pas grand-chose en les regardant passer d'un oeil distrait. Le calendrier rangé au placard, mon esprit avait banni les notions menaçantes d'avenir et de lendemain. J'avais cessé de réfléchir. J'avais dormi.
Et puis le sort voulut me prouver que toutes les bonnes choses avaient une fin. Peu habituée à ce mode de vie qui consiste à se lever dans l'attente d'être assez fatigué pour se recoucher, ma mère me pria d'aller voir ailleurs si le travail y était. Travailler, j'avais essayé le temps de quelques jobs d'été mais, sans que je comprenne pourquoi, l'idée de me payer à ne rien faire n'avait jamais plu à mes patrons. Je les avais laissés dire. Après tout, c'était leur affaire.
Heureusement, je ne courais pas après l'argent. Mon système monétaire était le sommeil et quand je comptais mes siestes en fin de mois, je me voyais millionnaire. «Il faut bien gagner sa vie», protestait ma mère, révoltée. «On ne peut pas forcer sa nature», lui répondais-je. Car j'étais un fainéant, un dur, un vrai que l'idée d'habiter chez ses parents à vingt-cinq ans n'effrayait pas. Mon père voyait en moi le fruit d'une mutation génétique entre l'ours et la couleuvre. Il me traitait de monstre. Pour lui, je n'étais pas un homme. Un fils, encore moins.
Quelques livres, un peu d'ennui, beaucoup de musique, j'avais façonné mes jours de pas grand-chose en les regardant passer d'un oeil distrait. Le calendrier rangé au placard, mon esprit avait banni les notions menaçantes d'avenir et de lendemain. J'avais cessé de réfléchir. J'avais dormi.
Et puis le sort voulut me prouver que toutes les bonnes choses avaient une fin. Peu habituée à ce mode de vie qui consiste à se lever dans l'attente d'être assez fatigué pour se recoucher, ma mère me pria d'aller voir ailleurs si le travail y était. Travailler, j'avais essayé le temps de quelques jobs d'été mais, sans que je comprenne pourquoi, l'idée de me payer à ne rien faire n'avait jamais plu à mes patrons. Je les avais laissés dire. Après tout, c'était leur affaire.
Heureusement, je ne courais pas après l'argent. Mon système monétaire était le sommeil et quand je comptais mes siestes en fin de mois, je me voyais millionnaire. «Il faut bien gagner sa vie», protestait ma mère, révoltée. «On ne peut pas forcer sa nature», lui répondais-je. Car j'étais un fainéant, un dur, un vrai que l'idée d'habiter chez ses parents à vingt-cinq ans n'effrayait pas. Mon père voyait en moi le fruit d'une mutation génétique entre l'ours et la couleuvre. Il me traitait de monstre. Pour lui, je n'étais pas un homme. Un fils, encore moins.








