324,000 VNĐ
Le Passager
Détails sur le produit: » Prix: 324,000 VNĐ » Barecode: 9782253175735 » Auteur: Jean-Christophe Grangé » Éditeur: Le Livre de Poche » L'année d'édition: 2 mai 2013 » Langue: Français » Dimension: 17,8 x 11 x 4,2 cm » Nombre de page: 984 » Poids: 0,48 KgDescriptions du produit
Extrait
LA SONNERIE pénétra sa conscience comme une aiguille brûlante.
Il rêvait d'un mur éclaboussé de soleil. Il marchait en suivant son ombre le long de la paroi blanche. Le mur n'avait ni début ni fin. Le mur était l'univers. Lisse, éblouissant, indifférent...
La sonnerie, à nouveau.
Il ouvrit les yeux. Découvrit les chiffres luminescents du réveil à quartz posé près de lui. 4 : 02. Il se leva sur un coude. Chercha à tâtons le combiné. Sa main ne rencontra que le vide. Il se souvint qu'il était dans la salle de repos. Il palpa les poches de sa blouse, trouva son portable. Regarda l'écran. Il ne connaissait pas le numéro. Il décrocha sans répondre.
Une voix coula dans la pièce obscure :
- Docteur Freire ? Il ne répondit pas.
- Vous êtes le docteur Mathias Freire, le psychiatre de garde ? La voix lui paraissait lointaine. Le rêve encore. Le mur, la lumière blanche, l'ombre...
- C'est moi, dit-il enfin.
- Je suis le docteur Fillon. Je suis de garde dans le quartier Saint-Jean Belcier.
- Pourquoi vous m'appelez à ce numéro ?
- C'est celui qu'on m'a donné. Ça ne vous dérange pas ?
Ses yeux s'habituaient aux ténèbres. Le négatoscope. Le bureau de métal. L'armoire à médicaments, fermée à double tour. La salle de repos n'était qu'un cabinet de consultation dont on avait éteint la lumière. Il dormait sur la table d'examen.
- Qu'est-ce qui se passe ? grommela-t-il en se redressant.
- Une histoire bizarre à la gare Saint-Jean. Les vigiles ont surpris un homme aux environs de minuit. Un vagabond caché dans un poste de graissage, sur les voies ferrées.
Le médecin avait l'air tendu. Freire fixa encore le réveil : 4 : 05.
- Ils l'ont emmené à l'infirmerie puis ils ont contacté le commissariat des Capucins. Les flics l'ont embarqué et m'ont appelé. Je l'ai examiné là-bas.
- Il est blessé ?
-Non. Mais il a complètement perdu la mémoire. C'est impressionnant. Freire bâilla :
- Il ne simule pas ?
- C'est vous le spécialiste. Mais je ne crois pas, non. Il a l'air totalement... ailleurs. Ou plutôt nulle part.
- Les flics vont m'appeler ?
- Non. Une patrouille de la Bac vous amène le gars.
- Merci, fit-il sur un ton ironique.
- Je ne plaisante pas. Vous pouvez l'aider. J'en suis sûr.
- Vous avez rédigé un certificat médical ?
- Il l'apporte avec lui. Bonne chance.
L'homme raccrocha, pressé d'en finir. Mathias Freire demeura immobile. La tonalité vrillait son tympan dans l'obscurité. Décidément, ce n'était pas sa nuit. Les festivités avaient commencé à 21 heures. Au pavillon des HO, les Hospitalisés d'Office, un entrant avait chié dans sa chambre et bouffé ses excréments avant de briser le poignet d'un infirmier. Trente minutes plus tard, une schizophrène s'était ouvert les veines avec des fragments de linoléum dans l'unité Ouest. Freire avait supervisé les premiers soins puis l'avait transférée au CHU Pellegrin. --Ce texte fait référence à l'édition Broché .
Revue de presse
Rocambolesque ? Certes. Mais Grangé réussit le tour de force de tenir en haleine le lecteur à travers la course contre la mort de ses personnages, diablement attachants. (Marianne Payot - L'Express, septembre 2011 )
C'est donc la fuite d'un homme qui, les polices aux trousses, enquête sur sa propre identité. Pourchassé au présent, il remonte dans le temps. C'est efficace, comme préscénarisé pour le cinéma, avec les vertus de ce que les Anglais appellent un "page turner" - un livre qu'on ne lâche pas une fois ouvert. Loin des habiles niaiseries d'un Marc Levy ou d'un Guillaume Musso, Le passager est un vrai polar. Qu'il décrive la minutie des procédures policières ou le sous-monde des clochards marseillais, Grangé se distingue par la documentation, le réalisme et, finalement, une forme de séduction. (Marc Lambron - Le Point du 8 septembre 2011 )








